Quel logiciel de montage choisir ?

Les solutions de montage se multiplient et le choix devient donc cornélien…

Avid, Final Cut, Premiere… Voici le trio des logiciels montage les plus couramment utilisés dans le monde professionnel. Voici un petit guide pour choisir celui qui conviendra le mieux à vos projets.

MediaComposer régnait, jusqu’à ce que…

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Avid MediaComposer 1

MediaComposer est l’un des plus anciens NLE (Non-Linear Editing system, système de montage non linéaire, c’est-à-dire virtuel). Il est devenu la référence dès la fin des années 80. Sa logique, directement inspirée des montages linéaires (ceux avec des magnétoscopes ou, dans une moindre mesure, en pellicule) a été assez facilement intégrée par les monteurs. Ils s’y sont donc assez bien retrouvés et MediaComposer est devenu incontournable et le seul outil professionnel digne de ce nom. La partie matérielle était aussi performante et a su proposer des solutions puissantes aux problèmes de stockage des médias (car les disques durs étaient petits à l’époque…).

Final Cut Pro 7
Final Cut Pro 7

Cette hégémonie a duré jusqu’au début des années 2000, et le rachat de Final Cut Pro par Apple, qui en a fait un outil abordable et plus simple d’approche pour les jeunes monteurs. Grâce à son tarif — et sa simplicité à être piraté aussi — Final Cut a été adopté par de nombreuses sociétés de production, pour s’équiper en interne. Il suffisait d’acheter un Mac. Avid, ce son côté, a mis du temps à s’adapter et proposer une solution où on achetait simplement le logiciel qu’on installait sur son propre ordinateur. Cette ouverture a d’ailleurs posé de nombreux problèmes de stabilité.
Final Cut, de son côté, a très bien abordé le virage de l’explosion de la vidéo domestique et semi-pro, avec un bon support des nouvelles caméras.

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Avid MediaComposer 8.3

Vers 2010, Avid a commencé timidement à se réveiller, après avoir perdu une grande partie de ses clients. Il a fallu passer par de nombreuses étapes, mais en 2015, la solution proposée par MediaComposer 8.4 est enfin cohérente, puissante et moderne.

Pendant ce temps, Final Cut Pro a été abandonné et un nouveau logiciel est né : Final Cut Pro X. Apple a fait table rase du passé et du montage linéaire. Ce nouvel outil a été conçu pour le montage entièrement virtuel et les rushes tournés sur cartes ou disques durs. En se débarrassant de la gestion des bandes vidéos, Final Cut Pro X a mis un pied dans le futur. Malheureusement, Apple a été très arrogante avec les monteurs, en ne proposant aucune sorte de transition avec sa solution précédente et en livrant un logiciel incapable de communiquer avec le reste de la chaîne de postproduction. Résultat, Final Cut Pro X était inutilisable en milieu professionnel et pendant ce temps, Apple semblait vouloir nous faire comprendre qu’on était des vieux croutons à ne pas l’adopter immédiatement. Apple a depuis perdu une grosse part de son crédit auprès des professionnels de la vidéo (et cela ne s’est pas arrangé par la suite, puisqu’à ce jour, il n’existe plus de Mac réellement adapté à nos métiers).

Final Cut Pro X
Final Cut Pro X

C’est vraiment dommage, car Final Cut Pro X, maintenant qu’il s’intègre correctement dans les chaînes de postproduction, est en soi une merveille : le dérushage et le montage sont dans une efficacité et d’une modernité sans pareil. C’est vraiment le logiciel du futur. Si je devais monter moi-même, ce serait clairement mon choix (sauf s’il s’agit d’un documentaire d’archives pour lesquels il n’est pas très adapté).
Certes, pour un monteur, il nécessite du temps pour être apprivoisé, car sa logique est assez différente de celle de MediaComposer et même de l’ancien Final Cut Pro. Et comme il a été très mal présenté par Apple, peu de monteurs ont fait l’effort de s’y frotter et la plupart le considère comme un « jouet ». Seuls ceux qui y ont vraiment goûté connaissent sa véritable valeur…

Résultat, comme le montage c’est avant tout un monteur, il ne sert à rien d’avoir un logiciel qui va le gêner plus qu’autre chose. Final Cut Pro X n’est donc pas encore une solution pour la plupart des cas, surtout si Apple ne se décide pas à proposer des Mac professionnels dignes de ce nom.

Sans oublier le petit nouveau…

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Adobe Premiere CC

Avid reste-t-il donc la seule solution ? Et bien non, car pendant que les deux sociétés commençant A s’étripaient, une troisième faisait son bonhomme de chemin : Adobe, avec son outil Premiere. Ce dernier est parfaitement intégré avec le reste de la suite de logiciels, comme Photoshop ou After Effects. Adobe complète petit à petit sa solution avec des nouveaux logiciels ces derniers temps, comme Speed Grade (pour l’étalonnage) ou Prelude (pour la gestion des rushes).
Si ces derniers manquent encore de maturité, ce n’est pas le cas de leur grand frère : Premiere est puissant, moderne et compatible avec tout. C’est une super boîte à outil pour le technicien vidéo et un monteur venant d’Avid ou de l’ancien Final Cut Pro s’y retrouvera vite. C’est donc une solution très intéressante, même si encore peu de monteurs l’utilisent.

En conclusion

Au final, ces trois solutions étant abordables d’un point de vue tarifaire, il faut commencer par demander à ses monteurs laquelle est leur préférée ! C’est de toute façon le critère premier sur le choix d’un logiciel de montage, qui doit être avant tout un outil pour les aider à monter, et ne doit surtout pas les gêner s’ils ne le maitrisent pas. Avid MediaComposer est probablement à ce jour le choix le plus logique dans la plupart des cas, car les monteurs le connaissent presque tous. Cela dit, les pousser à regarder du côté de Premiere ou de Final Cut Pro X serait une bonne idée…

Article actualisé le 24 mai 2021