Les gammes de caméras

Il y a des caméras de toutes sortes, de toutes tailles, de toute qualité et à tout tarif. Comment s’y retrouver ?

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Allez, j’offre un bonbon à celui qui arrive à reconnaître toutes les caméras présentes sur cette image…

Il y a beaucoup de types de caméras sur le marché, voici donc un petit guide pour s’y retrouver. Je ne parle ici que des caméras numériques, les caméras pellicule sont un monde à part… Je ne rentrerais pas non plus dans les considérations techniques, il s’agit surtout de vous guider dans ces différentes gammes pour vous aider à saisir à quels usages chaque caméra se destine.

Les caméras de fiction lourde

RED, ARRI Alexa, etc.
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Arri Alexa

Il s’agit des caméras numériques offrant la meilleure qualité d’image, mais aussi qui entraînent la postproduction la plus lourde. En effet, ces caméras offrent la possibilité de tourner en RAW. Cela demande un brin d’explications sur comment fonctionne une caméra numérique.

Un capteur numérique qui au cœur de la caméra perçoit la lumière qu’il reçoit. Comme il est électronique, il ne capte pas la lumière comme le fait notre œil. Le capteur transfère ces données brutes à l’électronique de la caméra qui va les analyser, les traiter et les encoder dans un format utilisable en postproduction. Pendant ce traitement, des filtres et des ajustements sont appliqués pour rendre améliorer l’image et lui donner une « texture », et la rendre aussi plus naturelle pour l’œil humain (qui ne capte pas chaque couleur de la même façon que les autres, et de toute façon, le cerveau humain « traite » aussi l’image brute envoyée par l’œil).
Ces traitements, indispensables même pour seulement lire les rushes, jouent un rôle très important sur la qualité et le rendu de l’image. C’est là que s’applique « l’âme » de l’image. On dit souvent que l’image des caméras Sony a un rendu plus métallique et précis que celle des Panasonic, qui sont, elles, plus chaleureuses.
De plus, la plupart des réglages que l’on fait sur la caméra (exposition, balance des blancs, etc.) jouent en fait sur les traitements qui seront appliqués aux données brutes envoyées par le capteur.
D’où l’idée d’enregistrer directement ces données brutes, pour pouvoir par la suite ajuster comme on veut ces réglages en postproduction. On dit alors qu’on enregistre en RAW.

L’inconvénient, c’est que les données RAW pèsent lourd et qu’il faut les traiter même pour simplement lire les rushes. Il faut un ordinateur plutôt puissant pour pouvoir faire cela en temps réel, ou alors les calculer avant de pouvoir les visionner. Il faut donc anticiper ces traitements quand on tourne en RAW (et prévoir plein de disques durs…).

Par contre, la liberté qu’on gagne en étalonnage est fort appréciable et on peut pousser l’image dans ses retranchements. En travaillant avec des images déjà traitées par la caméra, on se retrouve forcément bien plus limité.

Au final, ces caméras sont à utiliser quand on a une équipe suffisante pour la gérer sur le tournage, et quand on a préparé une postproduction en conséquence. Le rendu est à la hauteur.

Les DSLR (les appareils photos, quoi)

Canon 5D, Sony Alpha 7, Panasonic G4, etc.

Déjà, ce ne sont pas des caméras. Ce sont des appareils photos. Ils sont donc faits pour faire des photos. Oh, certes, ils ont une fonction vidéo, mais elle a été conçue pour faire des photos qui bougent, comme ceci :

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Canon 5D

Mais bon, au vu des tarifs fort sympathiques et de la qualité d’images que ces appareils offrent, les vidéastes et chef opérateurs ont sauté sur l’occasion. Sauf que voilà, ce sont des appareils photos, et pas des caméras. Leur ergonomie n’est donc pas adaptée à des tournages : difficulté à faire le suivi du point, batterie qui ne dure pas longtemps, pas d’entrée son digne de ce nom, pas de timecode, vidéos enregistrées dans un format très destructeur (tels le h.264 ou le h.265), etc.

Ce dernier point est le plus handicapant en postproduction. Les codecs h.264 et h.265 sont une plaie pour des rushes. Ces derniers doivent être encodés avant de pouvoir être montés, car ce format saccade souvent en montage. De plus, les images sortant de la caméra sont compressées et donc on a perdu un grand nombre d’informations. De fait, ça limite fortement ce qu’on peut faire en étalonnage. Sans compter que les traitements appliqués par la caméra sont très « marqués » et on ne peut donc pas tellement donner le rendu qu’on veut à l’image.

Vous l’aurez compris, je n’aime pas trop ces caméras. Certes, on peut désormais dans certains modèles contourner l’enregistrement en h.264/h.265 en utilisant un enregistreur externe qui fournira des rushes dans des formats bien plus professionnels (Apple ProRes ou DNxHD). Malheureusement, les connectiques utilisées (mini-HDMI ou HDMI) pour relier l’enregistreur ne sont pas fiables, et il faut penser à déclencher la caméra ET l’enregistreur. On perd souvent des rushes avec ces systèmes quand ils sont reliés à des DSLR (alors qu’ils fonctionnement très bien sur des caméras plus professionnelles !).

L’argument du prix n’est plus valable, maintenant qu’il existe :

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Canon C300

Les petites caméras qui se prennent pour des DSLR

Canon C100, C300, Sony FS, etc.

Il s’agit de caméras reprenant les capteurs des DSLR, mais en ajoutant une ergonomie de caméra et un enregistrement dans des formats bien plus adaptés à la postproduction (AVCHD, Apple ProRes, etc.). Elles génèrent aussi un timecode, permettent d’entrer un son profesionnel, etc. Bref, ces caméras, peu chères, réunissent le meilleur des deux mondes. Pourquoi s’en priver, que ce soit en documentaire ou en court-métrage ?

Les petites caméras qui se prennent pour des grandes

Sony F5, F9, etc.
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Sony F5

Mes petites préférées, peut-être. Leur tarif abordable (plus cher que les précédentes tout de même), mais la qualité d’image est nettement au-dessus, surtout si on leur joint des objectifs à la hauteur. Elles ont toutes les options utiles en tournage (son, timecode, etc.) et sont facilement manipulables à un seul opérateur, car elles ont une vraie ergonomie de caméra.
Les formats d’image sont simples à utiliser en postproduction. C’est donc le choix idéal pour des tournages à petite équipe, mais tout de même ambitieux (en documentaire, par exemple). Attention toutefois, la qualité d’image est tributaire des objectifs qu’on leur met devant. Ne négligez pas ces derniers.

Les action-cams

GoPro, etc.
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GoPro Hero4

Il s’agit de mini-caméras, destinées à être placées dans des endroits incongrus pour des plans impossibles à réaliser avec les caméras habituelles : sous l’eau, sur le casque d’un motard, sur un drone, etc.

Alors certes, les codecs d’enregistrements (toujours les h.264/H.265) ne sont pas très pratique en postproduction, le son est très mauvais, les optiques limitées, etc. Cela dit, elles permettent de filmer des choses impossibles autrement. Dans ces cas extrêmes, il ne faut pas hésiter à s’en servir, même si par contre, leur usage ne devrait pas être systématique. On ne devrait utiliser une GoPro que lorsqu’on ne peut faire autrement pour le plan qu’on cherche à faire. Tourner en GoPro juste pour en mettre plein la vue, cela se fait malheureusement de plus en plus et la qualité des films en pâtit. Mais si ça peut vous consoler, même Peter Jackson, dans Le Hobbit s’est servi d’une action-cam, parce qu’il ne pouvait pas filmer les plans dans les rapides avec les RED EPIC qu’il utilise pour le reste du film. Certes, leur faible qualité fait un peu mal aux yeux en comparaison aux autres plans du film, mais bon, il n’y avait pas le choix (à part celui de ne pas tourner ces plans sans intérêt dans le film…).

Les drones

Drone DJI Inspire 2 qui fait peur…

Un drone est, en résumé, une caméra sur un objet volant. La plupart du temps, ce sont grossièrement des action-cams avec des hélices. En tout cas, d’un point de vue « postproduction », c’est comme cela que je les voie : ces caméras servent pour des usages bien précis, mais sont souvent une tannée à traiter. Les drones les plus puissants, tels les Inspire 2 de DJI, peuvent parfois générer des images RAW, qui sont alors très lourdes. Mais ces drones font des plans inimaginables autrement, à moins de sortir l’hélicoptère.

Il existe aussi des drones qui peuvent porter n’importe quelle caméra (cette dernière ne fait donc pas partie de l’appareil en lui-même).

Les Varicam

Ces grosses caméras de Panasonic sont un genre à part. Elles servent à tourner à des très hautes vitesses pour pouvoir faire des ralentis sublimes.

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Panasonic Varicam
Article mis à jour le 25 mai 2021